La formation ‘ici
ou ailleurs, que faire ?’ aura un eu impact direct sur mon action pour la
Fondation Damien et surtout sur le sens que je pourrai lui donner.

Elle m’aura
permis de remettre en question le travail de la Fondation Damien en toute
objectivité tant sur la méthode que sur le fond. De ce point de vue, je reste
totalement convaincu de la pertinence de leur action, mais se reposer la
question en profondeur était très certainement intéressant.

Bien qu’elle fût
déjà présente avant la formation, l’unique question qui reste ouverte est liée
au sens que je pourrai donner à ma propre contribution au projet.

Il est devenu
clair que ma vision naïve ‘plutôt que de travailler au service de notre
économie, je préfère travailler au service d’une ONG et des bénéficiaires de
son action’ devra être amendée. Car en effet, mon travail sera rétribué. Dès
lors, il faut noter que ce salaire, même s’il reste modeste, aurait pu donner
du travail à plusieurs congolais. La question qui viendra donc naturellement
est de savoir cela se justifie.

Pour y répondre,
et en attendant de pouvoir le confirmer sur le terrain, je devrai faire
confiance au jugement de la Fondation Damien qui travaille exclusivement avec
des ressources locales, ‘quand c’est possible’.

Je pourrai
également me retrancher derrière l’autre objectif avoué de cette mission qui
est de former au maximum le personnel local et de remplacer à terme ma fonction
par un congolais. Je ferai donc de cet aspect mon objectif principal.

Une autre
question annexe est celle de mon intégration. J’étais déjà conscient que
celle-ci serait difficile et que la différence de ‘classe’ pourrait jouer un
rôle négatif dans ce processus. Mais je n’avais considéré cela que de mon
propre point de vue, et je me reposais sur mon ouverture d’esprit pour
surmonter les difficultés potentielles.
Ce que je n’avais
pas considéré c’est la réaction totalement légitime des congolais vis-à-vis de cette
différence.

Je tiens à
réaffirmer ici que je ne veux pas être un expatrié parmi les expatriés à
Kinshasa.
J’ai pris conscience que réussir mon intégration sera plus difficile
encore que je ne l’imaginais, et que je devrai faire de nombreux efforts pour y
parvenir. Mais j’y parviendrai.