Quelle est la situation aujourd’hui et quelles sont les
perspectives d’avenir ?

Commençons par préciser à nouveau que ces guerres ont
complètement anéanti ce Congo qui souffre décidément tellement d’être si riche.
Plus de routes ou d’infrastructures et donc plus de production, un état
inexistant, une seule préoccupation subsiste pour la grande majorité des
congolais : l’alimentation et la survie…

Rappelons donc aussi que cette situation n’est pas due,
comme certains pourraient le penser, à un manque de volonté, de travail, ou de ‘bonne gouvernance’. Les
congolais sont compétents, travailleurs, et décidés à construire une grande
nation. Cela dit, les puissances militaires régionales, ou les puissances
économiques mondiales le permettront-elles ?

Mais revenons-en à la situation actuelle et aux risques
potentiels.

La situation à l’est du Congo attise toujours les tensions avec
le Rwanda voisin. Je m’en réfère pour illustrer cela au discours du ministre
des affaires étrangères rwandais de ce jeudi qui comparait la présence des
réfugiés hutus au Congo à Al Qaeda, soit une menace qu’il faut éliminer à tout
prix. Les rébellions qui subsistent sont toujours en partie soutenues par le
Rwanda qui accuse les FARDC (‘Forces Armées de la République Démocratique du
Congo’) de ne pas parvenir à, ou de ne pas vouloir, désarmer et contrôler les FDLR
(‘Forces Démocratiques de Libération du Rwanda’) – les anciens génocidaires.

En parallèle, les congolais voient d’un très mauvais œil le
retour des réfugiés Banyamulenge (Tusti du Congo) qui avaient fuit des
massacres perpétrés par des Hutus et certains soutiens congolais. Pour preuve,
le UNHCR (‘Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugies’) avait dû se
retirer de Moba dans l’est du pays suite à campagne de désinformation les
accusant de faire venir au Congo des Tutsi étrangers.

Enfin, en marge des tensions dues à des forces militaires ou
milices organisées, il convient d’imaginer ce qui peut arriver avec les petits
groupes de soldats démobilisés et non-payés. Ils errent dans la brousse la recherche de
ressources, c’est-à-dire bien souvent au travers de pillages et autres
exactions.

Du point de vue politique et à Kinshasa, ces derniers jours
ont été marqués par plusieurs décès de conseillers proches du président. Sans
doute trop pour que les congolais puissent encore croire à des coïncidences d’autant
que l’empoisonnement semble avoir été fréquemment utilisé, entre-autres sous
Mobutu, pour éliminer les rivaux. Les rumeurs sont donc nombreuses, ambitions
personnelles de certains ou réelle tentative de déstabilisation de l’Etat, l‘avenir
le dira peut-être.

Il reste que le sentiment qui continue de dominer est l’espoir
et la joie de la paix retrouvée.