La milice de Laurent Nkunda jouit de la complicité présumée
du Rwanda. Ce dernier offre un soutien logistique, mais il semblerait également
que 12000 soldats rwandais aient à nouveau franchi la frontière avec le Congo.

Depuis la reprise des hostilités, de plus en plus de voix s’élèvent
au Congo pour réclamer une paix durable imposée, c’est-à-dire après un
règlement définitif de la question par les armes. Certains plaident aujourd’hui
ouvertement pour attaquer le Rwanda. Soixante millions de congolais devraient
venir à bout de cinq millions de rwandais, pensent-ils. Ils sont néanmoins
conscients que leur armée est moins organisée et beaucoup moins armée,
serait-ce cela qui les retient pour l’instant ?

Probablement pas, les autorités sont plus modérées et des
échanges diplomatiques entre les acteurs existent. Mais si cette tendance
continue à prendre de l’importance, le gouvernement pourrait à son tour être en
danger. Le sentiment de défiance est déjà bien présent, essentiellement en
raison de l’absence de résultats visibles dans les autres politiques (un
remaniement ministériel devrait d’ailleurs intervenir dans le courant de ce
mois pour calmer les mécontents).

Cela dit, considérant les forces en présence, une attaque
unilatérale du Rwanda par le Congo me semble peu plausible. Par contre, un
nouvel embrasement du Nord-Kivu et même du Sud-Kivu n’est pas à exclure, et à
partir de là une implication directe du Rwanda voire de l’Ouganda et du Burundi
devient probable. La conséquence pourrait alors être la scission définitive du
pays.

Quand à la MONUC, ayant perdu sa crédibilité auprès de la
population et des autorités congolaises, beaucoup souhaitent la voir partir.
Ceci bien sûr n’arrangerait rien. Cela dit, même si elle reste, on voit mal ce
qu’elle pourrait faire.

Heureusement nous n’en sommes pas là, mais ce
sentiment d’espoir en la paix que j’avais perçu en arrivant à Kinshasa semble
s’estomper un peu depuis quelques jours.