Après six semaines d’activité, j’ai enfin pu intégrer mon
logement définitif. J’aurai finalement repris le bail de la maison occupée
jusque là par mon prédécesseur. Une maison ? Oui, une maison. Me voilà
fort éloigné de mes idéaux où je m’imaginais dans un modeste appartement non
loin des quartiers populaires. Alors qu’a-t-il bien pu se passer ?

Kinshasa est une grande ville, une très grande ville.
Kinshasa vit sous une agitation constante. Les kinois sont pauvres, très
pauvres. Si vous avez lu mon article sur « les premiers contacts »,
vous commencerez peut-être à comprendre
pourquoi il serait virtuellement impossible pour moi, un blanc, de vivre en
milieu populaire à Kinshasa.

Alors il reste la Gombe, ce quartier du centre de Kinshasa
qui abrite les administrations, les institutions internationales, et au côté
des rares kinois riches… les expatriés. Le choix du quartier s’est donc imposé
malgré moi, même s’il offre bien sur des avantages. La proximité du bureau par
exemple; fait non négligeable quand on mesure l’ampleur des embouteillages sur
les deux ou trois routes principales encore ouvertes. Et puis aussi, la
meilleure régularité de l’approvisionnement en électricité ou en eau.

Gombe, soit. Mais une maison ? Et bien c’est qu’avec le
retour des nombreuses ONG et l’omniprésence des Nations Unies, les prix sont
devenus grotesques tellement ils sont disproportionnés. Un bref sondage sur les
prix des appartements disponibles a rapidement contribué à me convaincre. Et il
vrai que c’est choquant de voir les appartements loués entre 2000€ et 6000€
dans une ville ou plus de 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté…

L a reprise d’un bail existant pour la maison m’a donc
permis de rester bien en deçà de ces prix indécents. Mais me voilà donc tel un
colon, barricadé dans une maison trop grande pour moi, sur une parcelle bordée
de murs de 2m surmontés de barbelés.

Il est vrai que vu ma charge de travail et l’oppression
constante de l’agitation et des embouteillages en ville, je ne serai pas
mécontent de trouver un peu de quiétude dans cette maison. Mais tout de même,
de ce point de vue, je me retrouve assez loin de mes idéaux.

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