L’organisation de la santé au Congo est extrêmement bien
pensée. Comment en effet fournir un accès universel à la santé dans un pays
aussi grand que l’ensemble de l’Europe Occidentale, dépourvu d’infrastructures
routières, et endémique pour de nombreuses maladies ?

Le ministère de la santé pilote un certain nombre de
programmes comme par exemple le PNMLS (Programme National Multisectoriel de Lutte
contre le Sida), ou encore le PNT (Programme National de lutte contre la
Tuberculose) et le PNEL (Programme National d’Elimination de la Lèpre) qui nous
intéressent au premier plan. L’objectif de ces programmes est de renforcer les
capacités des infrastructures de santé locales par la mise à disposition
d’équipements, de médicaments, ainsi que par la formation des agents de santé.

Dans les provinces, à côté des structures de santé
généralistes, ces programmes sont généralement relayés par des coordinations
provinciales, comme les CPLT (Coordination Provinciale Lèpre et Tuberculose)
qui nous concernent.

Si l’on continue à descendre au niveau local, chaque
province ou district sanitaire est alors composé d’un certain nombre de Zones
de Santé. Il en existe actuellement 515 dans la République Démocratique du
Congo, mais leur nombre devrait augmenter.

Chaque Zone de Santé dispose d’un Hôpital Général de
Référence, et de Centres de Santé de proximité (entre 10 et 20 centres de santé
par zone en moyenne). J’imagine que vous commencez à mesurer l’ampleur de la
tâche car cela nous mène en effet à plusieurs milliers de centres de santé. Les
malades peuvent donc a priori se rendre dans le centre de santé le plus proche
(ce qui parfois peut tout de même faire quelques jours de marche) pour y recevoir
les Soins de Santé Primaires. Les cas les plus difficiles sont redirigés vers
l’Hôpital Général de Référence de la Zone de Santé.

Dans le principe donc, tout cela est fort bien adapté à
l’immensité de ce pays. Seulement voilà, beaucoup de ces structures ne sont
plus fonctionnelles, manquent de moyens et de médicaments, les infirmiers ne
sont pas payés ou pas formés, et certains centres sont à l’abandon.

C’est donc ici que les ONGs interviennent, pour apporter un
appui aux structures existantes, programmes nationaux, coordinations
provinciales, ou soins de santé primaires dans les centres de santé. Je
reviendrai dans un autre article sur l’action spécifique de la Fondation Damien
qui va dans ce sens.

Remarquez que j’ai tenté de vous épargner les nombreux
acronymes dont les congolais sont friands (CS, CSDT, ZS, CSSP, BCZS, HGR, IT, LNR,
IPS, MCP, MIP, ISZS, etc…).